Les êtres imaginaires – SajBarb

Dans le spectacle SajBarb, je parle entre autres choses des êtres imaginaires qui partageaient mes jeux d’enfant, et avec qui j’ai renoué à l’âge adulte.

Certains sont pacifiques, amicaux — d’autres sont terrifiants.

Voici quelques dessins, extraits de mes carnets de notes, qui tentent de fixer ces formes évanescentes. Chaque fois que j’ai des relations avec ces êtres, j’essaye de les consigner par écrit, car ce sont toujours des moments très intenses mais dont la mémoire s’altère ensuite rapidement, comme lorsqu’on fait des rêves.

Je ne sais pas trop comment les nommer d’ailleurs. Si je dis que ce sont des “êtres”, c’est que je crois à leur existence en tant que sujet. Si je dis que ce sont des non-êtres, ça n’éclaire pas grand chose… Si je les nomme “êtres imaginaires”, ça les relègue au monde de l’enfance où ils sont gentiment niés par les adultes. Si je les appelle “personnages”, on bascule dans la créativité, la littérature, la fiction au service de l’art. Si je dis que ce sont des “présences”, je rentre dans le champ du mysticisme ou de la schizophrénie. Et si je dis que ce sont des “esprits”, je commence à me prendre pour un chaman…

Bref, il faudrait inventer un mot. Ce mot signifierait : créatures aux contours mouvants, auxquelles je crois plus ou moins selon mon degré de fatigue, d’attention, d’émotion, qui me rendent parfois des services, m’aident à y voir plus clair sur une situation réelle, ou au contraire me posent des problèmes, fixent des interdits…

Si vous avez une meilleure définition, écrivez-moi. Et maintenant, place aux êtres de l’invisible !

Pour ce premier article, voici le plus ancien ami imaginaire dont je me souvienne : Sage-Barbe.

Je vous souhaite de passer un bon moment en sa compagnie !

Sage-Barbe peut revêtir des apparences assez diverses. Aujourd’hui, son aspect le plus fréquent est un visage avec une vaste barbe mobile, qui flotte dans les airs. Il se meut un peu comme un poulpe dans l’eau, en utilisant ses poils à la manière de tentacules.

Il arrive que Sage-Barbe se connecte à mon corps par ses poils. Il les insère parfois entre mes vertèbres et se relie ainsi à mon système nerveux, ce qui est très apaisant… D’autres fois, ses poils sont en relation directe avec mes organes, et j’ai alors le sentiment que mes perceptions sensorielles excèdent le volume de mon propre corps.

La suite… dans un prochain article !

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